Se donner des challenges n’a pas de limites… sauf celles que l’on s’impose

Il y a des challenges que l’on choisit volontairement.

Et puis il y a ceux qui, une fois lancés, nous emmènent bien plus loin que prévu.

Ma formation de massage thérapeutique a été l’un de ces challenges.

Lorsque j’ai décidé de me lancer dans cette formation aux États-Unis, je savais que j’allais apprendre quelque chose de nouveau dans un domaine qui me passionne.

Mais j’avais peut-être sous-estimé un détail important : la formation était entièrement en anglais.

Et cela changeait tout.

Un double challenge

Depuis mon expatriation, l’apprentissage de l’anglais fait partie de mon quotidien.

Vivre dans un autre pays, c’est devoir apprendre à communiquer différemment, comprendre une nouvelle culture, de nouveaux codes et parfois accepter de ne pas être aussi à l’aise qu’on le souhaiterait.

J’ai donc vu cette formation comme une formidable opportunité.

Apprendre le massage thérapeutique tout en améliorant mon anglais me permettait de transformer une difficulté liée à mon expatriation en véritable force.

Sur le papier, le projet était parfait.

Dans la réalité, il allait être beaucoup plus exigeant que je ne l’avais imaginé.

Quand apprendre devient une course contre soi-même

La formation demandait énormément de travail.

Anatomie, physiologie, kinésiologie, muscles, origines, insertions, actions, systèmes du corps humain, pathologies…

Il fallait apprendre, comprendre et mémoriser.

Et chaque semaine, des tests.

Le plus difficile n’était pas seulement de connaître la réponse.

Il fallait d’abord comprendre la question en anglais.

Imaginez devoir apprendre une matière complexe tout en travaillant dans une langue qui n’est pas votre langue maternelle.

Chaque test devenait alors un double exercice : comprendre et répondre.

Et progressivement, quelque chose s’est installé en moi.

La peur de ne pas réussir.

« Je n’aime pas ne pas y arriver »

Je me suis rendu compte d’une chose importante : je n’aime pas ne pas y arriver.

Cette phrase peut sembler anodine.

Pourtant, elle disait beaucoup de choses sur moi.

Réussir mes examens était devenu capital.

Je voulais comprendre. Je voulais connaître. Je voulais réussir.

Et surtout, je ne voulais pas être en difficulté.

Je me suis alors retrouvée confrontée à de vieux schémas scolaires.

Cette sensation de devoir faire partie des « bons élèves ».

Cette peur de ne pas être à la hauteur.

Cette nécessité de bien faire.

De réussir.

De ne pas être la dernière.

Le challenge actuel venait réveiller des émotions beaucoup plus anciennes.

Quand le passé s’invite dans le présent

C’est souvent ainsi que fonctionnent certains de nos schémas.

Une situation actuelle peut réveiller une réaction qui semble disproportionnée par rapport à ce qui se passe réellement.

Objectivement, je réussissais.

Mes résultats étaient même excellents.

Et j’en suis très fière.

Mais intérieurement, une autre histoire se jouait.

Mon cerveau continuait à chercher le danger :

Et si je n’y arrivais pas ?

Et si j’échouais ?

Et si je n’étais pas assez bonne ?

Plus j’avais peur d’échouer, plus je me mettais de pression.

Plus je me mettais de pression, plus mon stress augmentait.

Et mon corps a commencé à le ressentir.

Mon sommeil était moins réparateur.

Je ressentais davantage de tension.

Mon système était constamment sollicité.

Je pouvais pourtant continuer à travailler et à obtenir de très bons résultats.

Mais à quel prix ?

Le corps nous parle parfois avant que nous l’écoutions

Nous parlons beaucoup du stress comme d’un élément extérieur.

Le travail.

Les enfants.

Les examens.

Les responsabilités.

Les changements de vie.

L’expatriation.

Mais il existe aussi un stress que nous nous imposons intérieurement.

Celui qui vient de nos exigences.

De notre perfectionnisme.

De notre peur de décevoir.

De notre besoin de contrôler.

De cette petite voix qui nous répète que nous devons absolument réussir.

Et parfois, notre corps finit par nous rappeler que nous ne pouvons pas fonctionner éternellement sous tension.

C’est ce que cette formation m’a appris.

Le challenge n’était pas le problème.

C’est la manière dont je vivais ce challenge qui méritait d’être questionnée.

J’ai commencé à regarder mes peurs autrement

Plutôt que de chercher uniquement à travailler davantage, j’ai commencé à m’interroger.

Pourquoi avais-je autant besoin de réussir ?

Pourquoi une mauvaise note aurait-elle eu autant d’importance ?

Pourquoi mon cerveau associait-il autant la réussite à ma valeur personnelle ?

J’ai commencé à observer mes réactions.

J’ai marché.

Beaucoup.

Ces longues marches m’ont permis de prendre du recul, de laisser émerger mes pensées et d’écouter ce qui se passait réellement en moi.

J’ai également utilisé différentes techniques de travail émotionnel pour comprendre certains de ces mécanismes et aller chercher ce qui se trouvait derrière cette peur de l’échec.

Et progressivement, quelque chose s’est apaisé.

Lorsque l’on retire la pression, on ne perd pas son ambition

C’est une découverte que je trouve particulièrement intéressante.

J’avais presque peur que diminuer mon stress signifie devenir moins exigeante.

Comme si me détendre voulait dire moins travailler.

Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

J’ai continué à apprendre.

J’ai continué à travailler.

J’ai continué à passer mes examens.

Et mes résultats sont restés excellents.

La différence ?

Je n’étais plus constamment en train de lutter contre la peur de ne pas réussir.

J’étais toujours engagée.

Mais avec davantage de sérénité.

J’avais changé quelque chose à l’intérieur.

Et si votre prochain challenge était différent ?

Nous nous fixons souvent des objectifs pour évoluer.

Changer de métier.

Partir vivre à l’étranger.

Créer une entreprise.

Reprendre une formation.

Passer un examen.

Commencer un nouveau projet.

Sortir de notre zone de confort.

Et c’est merveilleux.

Les challenges nous permettent de découvrir des capacités que nous ne soupçonnions parfois même pas.

Mais il existe une question que nous oublions souvent de nous poser :

Comment suis-je en train de vivre ce challenge ?

Est-ce que je me dépasse avec enthousiasme ?

Ou est-ce que je me pousse avec peur ?

Est-ce que je cherche à progresser ?

Ou est-ce que j’essaie de prouver que je suis suffisamment compétent(e), suffisamment forte ou suffisamment capable ?

La différence peut sembler subtile.

Mais elle change profondément notre expérience.

Nous pouvons apprendre à réussir autrement

Aujourd’hui, je regarde cette formation avec beaucoup de fierté.

J’ai appris le massage thérapeutique.

J’ai développé mes connaissances.

J’ai amélioré mon anglais.

J’ai réussi mes examens.

Mais surtout, j’ai appris quelque chose que je n’avais pas prévu d’apprendre.

J’ai appris à mieux me comprendre face à la difficulté.

J’ai compris que certains challenges ne viennent pas seulement tester nos compétences.

Ils viennent parfois réveiller nos blessures, nos croyances et nos anciens mécanismes.

Et lorsqu’on prend le temps de les regarder, ils peuvent devenir de véritables opportunités de transformation.

Parce que finalement, se dépasser ne signifie pas forcément aller toujours plus vite, travailler toujours plus ou exiger toujours davantage de soi.

Parfois, se dépasser signifie simplement apprendre à avancer…

sans avoir besoin de se faire violence pour y arriver.

Et peut-être que le véritable challenge n’est pas de réussir.

Peut-être que le véritable challenge est d’apprendre à croire que nous avons de la valeur, même lorsque nous ne réussissons pas du premier coup.

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